LE PEN et MACRON, les deux faces d’une même médaille

LE PEN et MACRON,                                      les deux faces d’une même médaille

 

Il est temps de mettre les pendules à l’heure et de rappeler, aux uns et autres, certaines vérités pour que cesse dans ce pays une imposture qui entache gravement le jeu démocratique.

Aussi est- il important de se remémorer la façon dont a été promu le Front National et comment il a été nourri par les prédécesseurs, puis par les laudateurs de Macron. Nous analyserons la façon dont le jeu démocratique est faussé dans le but exclusif de servir les dessins des puissants et des importants, ceux des libéraux qui nous gouvernent depuis plus de 30 ans.

Le Front National, la créature de Mitterrand.

 Il y a certains événements que les responsables politiques n’aiment pas se remettre en mémoire et pour cause.

C’est François Mitterrand, alors président de la République socialiste, qui va ancrer le Front National dans le paysage politique français. C’est un fait historique. Pour quelle raison ? Par pure tactique politique et peut être aussi par porosité idéologique (mais ça c’est une autre histoire). Ainsi, dans le but exclusif d’installer définitivement cette organisation d’extrême droite dans le jeu politique afin diviser la droite républicaine, Mitterrand va s’attacher à promouvoir le FN et en faire un outil qui servira aux socialistes pour se maintenir au pouvoir ou, à défaut, de s’assurer une alternance pour les décennies à venir. Nous en avons la preuve aujourd’hui.

Les faits.

Fondé en 1972, le Front national est pendant plus de dix ans quasi groupusculaire. Jean-Marie Le Pen obtient 0,75 % des voix aux élections présidentielles de 1974. Il ne parvient pas à recueillir 500 signatures pour se présenter en 1981, il obtiendra 0,2 % des voix aux élections législatives de juin de la même année et il ne fera pas mieux aux cantonales de mars 1982. Il n’a alors ni élus locaux, ni tribunes pour s’exprimer, ni relais d’opinion.

1981, Mitterrand vient d’être élu à la présidence de la République. Premier président socialiste de la Vème République, tacticien hors pair, manipulateur froid, cet homme s’est entouré de conseillers choisis et calibrés. Deux d’entre eux vont s’attacher à mettre en contact Jean-Marie Le Pen et Mitterrand : François de Groussouvre et Guy Penne.

Par l’intermédiaire d’un ami commun, François de Groussouvre demande à rencontrer Jean-Marie Le Pen. Il accepte. Cette rencontre ne doit rien au hasard et elle a été probablement commanditée par Mitterrand. Sans doute que ce dernier voulait en savoir un peu plus sur le personnage et son état d’esprit à l’égard de la droite républicaine. Bingo. Celui ci déclare que son pire ennemi est Giscard d’Estaing (sous entendu la droite républicaine). Mitterrand va s’en servir.

Mais c’est Guy Penne qui va l’inviter à l’Elysée. Ces deux là se tutoient. Ils se sont connus quand ils étaient étudiants.

Une lettre va mettre définitivement en selle Le Pen.

En 1982, Mitterrand fait un discours à Orléans dans lequel il rappelle notamment son attachement « au pluralisme politique, vecteur de rassemblement du peuple français ».

Saisissant l’occasion, (ou a-t-il été conseillé par Grossouvre ?) Le Pen décide d’écrire à Mitterrand pour se plaindre de la place que lui font les media.

« Monsieur le président, écrit-il, notre mouvement vient de tenir à Paris son VIe congrès. Si vous ne disposiez, comme moyen d’information, que de la télévision d’État, vous n’en auriez rien su. En effet, cette situation faite aux formations politiques non représentées à l’Assemblée nationale, déjà très injuste avant vous, s’est encore aggravée » …

Le Pen apporte la lettre à Guy Penne dans les bureaux même de l’Élysée. Mitterrand lui répond en Juin 1982 :

« Il est regrettable que le congrès d’un parti soit ignoré par la Radio-Télévision. […] Elle ne saurait méconnaître l’obligation de pluralisme qui lui incombe […]. L’incident que vous signalez ne devrait donc plus se reproduire. Mais d’ores déjà, je demande à Monsieur le Ministre de la Communication d’appeler l’attention des responsables des sociétés Radio-Télévision sur le manquement dont vous m’avez saisi « .

Tout cela ne va pas sans heurts. Mais, comme d’habitude, les journalistes obéissent. S’en suit une série d’apparition et notamment une interview au journal de 20h. Très bon tribun, Le Pen fait le spectacle et donc de l’audience. Il ne quittera plus les plateaux de télévision et de radio.

Le Front National est propulsé.

C’est Pierre Bérégovoy, Premier Ministre de Mitterrand qui « lâchera le morceau ». Écoutez bien : « On a tout intérêt, dit il, à pousser le Front national, il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattable. C’est la chance historique des socialistes  »

La proportionnelle aux législatives de 1986..

Mais cela ne suffit pas. Mitterrand enfonce le clou. Le tournant libéral prit par le gouvernement socialiste deux ans après son accession au pouvoir (la traitrise de l’électorat est une seconde nature dans ce milieu) va, petit à petit, grignoter son électorat.

En avril 1985, à la suite d’élections cantonales perdues, François Mitterrand instaure une proportionnelle « intégrale » en vue du scrutin législatif de 1986. Les responsables socialistes prédisent alors une défaite et la victoire de la droite. La proportionnelle, accompagnée d’une hausse du nombre de députés de 491 à 577, permet à la gauche d’espérer atténuer cette défaite annoncée, quitte à laisser entrer le Front national dans l’hémicycle. Plusieurs mois plus tard, Jean-Marie Le Pen et 34 députés d’extrême droite ont ainsi été élus.

Le Front National s’inscrit alors durablement dans le paysage politique français.

« Est-ce que le Front national est dangereux? Non. Il ne peut pas prétendre à autre chose qu’à un bavardage politique », explique le socialiste Roland Dumas, ancien ministre des affaires étrangères de Mitterrand. C’est aussi l’avis de ce dernier quand il dit « C’est une force comme les autres. Il ne faut pas en avoir peur  »

Bien entendu et logiquement, dès son arrivée à Matignon, après les législatives de 1986, Jacques Chirac (RPR) supprime la proportionnelle. Il s’enlève une épine du pied.

Écoutons ce que disait Bastien Leccia, ami intime de Mitterrand : « Sans Le Pen, les socialistes ne seraient pas resté au pouvoir pendant dix ans. Mitterrand est un fin tacticien, c’est un champion. C’est une règle, vous savez, diviser l’adversaire. Si vous êtes socialistes, vous ne pouvez qu’être d’accord  »

Depuis, en analysant attentivement les résultats électoraux, il est incontestable, même si d’autres paramètres sont en jeu, que le Front national a progressé dans les élections lorsque les socialistes étaient au pouvoir et qu’il a plafonné et même régressé lorsque la droite républicaine était majoritaire.

On confisque la démocratie !

 Comme le disait très justement Albin Wagener, maître de conférences en sciences du langage, doyen de la faculté des Humanités (UCO) d’Angers, contrairement à ce qui a été agité dans les médias, en écho au tonitruant traumatisme du 21 avril 2002, les scores du Front National ne sont pas inquiétants en eux-mêmes : finalement, la place de ce parti reste celle que l’on connaît, et sa vague tant espérée par ses dirigeants ne parvient qu’à se fracasser sur les rochers du front républicain. Non, le FN n’est pas la menace principale qui obscurcit l’horizon de notre pays, bien que les idées défendues par ce parti témoignent d’un amateurisme politique et économique désarmant, tout en étant doublées d’une profonde erreur d’analyse des rapports humains, basée sur la méfiance et la détestation.

« Cessons donc de ne voir que le FN, dit il, là où des éléments bien plus alarmants n’auraient pas ainsi dû échapper au traitement politique et médiatique de l’actualité. Ce qui est ici bien plus inquiétant, c’est la façon dont nos deux principaux partis LR et PS , ceux-là même qui façonnent et dévorent le jeu politique depuis au moins les débuts de la cinquième République, ont réussi à confisquer l’essence même de la démocratie, au nez et à la barbe de ceux qui s’en réclament. Pendant que les démocrates les plus virulents étaient occupés à se liguer contre le FN, symbole le plus saillant des risques liés aux dérives démocratiques, la droite républicaine et le PS s’alliaient pour étouffer littéralement tous les autres partis sous le poids de la responsabilité de la montée du FN ».

En gros : pour empêcher le FN de gagner, il suffisait de voter LR ou PS, donnant ainsi le baiser de la mort à tous les autres partis qui représentent une alternative sérieuse à la politique que la France expérimente depuis trente ans au moins. Ce faisant, en prétendant partir en croisade pour la démocratie et en agitant le chiffon rouge des dérives du FN, /Hollande, Fillon et Macron/ ont agi en anti-démocrates, non pas en se liguant contre le FN en tant que tel, mais en interdisant aux autres partis démocratiques d’exister dans le paysage politique.

Le soutien médiatique et politique indécent de Macron, le matraquage, parfois odieux, contre Jean Luc Mélenchon ou François Fillon et la quasi impunité du FN entretenu par les media durant la campagne du premier tour des présidentielles confortent cette analyse. Il fallait tout faire pour que Macron se retrouve au second tour face à Marine Le Pen. Ils ont réussi. Plus de 40% des électeurs de Macron ont voté, non par adhésion, mais pour faire barrage au FN. La peur a été bien entretenue.

Et maintenant, on en appelle au sursaut républicain.

Bien évidemment le Front National se sera servi du second tour pour asseoir son audience et cette audience servira à Macron pour les futures échéances électorales. Il suffira, pour lui, d’agiter à nouveau l’épouvantail Marine Le Pen et ainsi de suite. La mécanique est bien rodée et la politique libérale, européiste et atlantiste bien enclavée dans la politique française.

Macron et Le Pen sont bien les deux faces d’une même médaille.

Pour conclure…

Albin Wagener le souligne. «  Nous nous retrouvons, nous citoyens, pris au piège d’un jeu de dupes. Dès que le Front National monte, alors même que l’on nous intime de défendre la démocratie, c’est la démocratie même qui en pâtit. Que le FN fasse un score élevé constitue peut-être une menace, mais la menace réelle est la façon dont la droite républicaine et le PS écrasent tous les autres parties pour conserver sans vergogne l’alpha et l’oméga du jeu politique ».

La France fait ainsi penser à un malade qui souffrirait d’un cancer du poumon, et qui se plaindrait de sa maladie tout en continuant de consommer deux paquets de cigarettes par jour.

Il faudra bien un jour y mettre un terme. Maintenant ?

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Réf.  « la main droite de Dieu » Enquête sur François Mitterrand et l’Extrême Droite de ‘Emmanuel Faux, Thomas Legrand et Gilles Perez.

 

 

 

 

 

 

 

 

JEAN-LUC MELENCHON PRÉSIDENT ?

JEAN-LUC MELENCHON PRÉSIDENT ?

 

Avant propos

Il est rare que l’on sente un frémissement aussi favorable pour un candidat dans une élection présidentielle à quelques semaines de l’échéance. Mais, c’est un fait. Il est en train de se passer quelque chose autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Le « matraquage » médiatique repoussoir d’Emmanuel Macron, l’exécution en règle de François Fillon, la poussée quasi extatique de Marine Le Pen, et la mise à l’encan de Benoit Hamon par ses propres amis, laissent penser que celui qui tirera son épingle du jeu sera le candidat de France Insoumise.

Voici ce qu’écrivait « Challenges »  le 27 mars « On constate donc une réelle dynamique en faveur de Jean-Luc Mélenchon, une montée positive qui se fait au détriment de Benoît Hamon et d’Emmanuel Macron. Pour le premier, l’effondrement de sa visibilité et son affrontement direct sont des explications claires. Pour Emmanuel Macron c’est plus surprenant car la logique s’inverse. Le leader d' » En Marche!  » doit y prendre garde. Les ralliements, le programme, les actes de communication sont autant de prétextes à comparaison avec jean-Luc Mélenchon, avec des réponses parfois décalées et souvent positives pour le candidat de la  » la France insoumise  » qui apparaît comme le plus anti-système. Un argument pour des citoyens qui recherchent un candidat pour qui voter! »

 Les sondeurs commencent –ils à sentir le vent tourner?

Ne nous voilons pas la face, même si cela peu paraître impossible pour d’aucuns et nonobstant l’analyse des media, tous inféodés et donc peu crédibles, il faut bien se rendre à l’évidence : Mélenchon a une chance certaine d’être au second tour des élections présidentielles françaises en 2017. Une vague de fond est en train de monter à 3 semaines de l’échéance…personne ne peut imaginer quelle force, ni quel effet elle aura, mais elle risque de surprendre!

 

ÉTAT DES LIEUX

 

Marine Le Pen, en tête de tous les sondages…un peu gonflés, non ?

Marine Le Pen a une base électorale, c’est maintenant incontestable. Elle se situe aux alentours des 20 à 22%. Sûre de son accession au second tour, elle n’en « fait pas des tonnes » et gère sa campagne de façon assez soft. Dans ses meetings, pas de participation pléthorique, pas de débordement, tout est contrôlé et aseptisé, surtout ne pas commettre d’impairs ! A contrario de François Fillon, ses affaires financières l’ont simplement effleuré, sans jamais l’affecter. Sa prestation au débat télévisé des « grands candidats » du premier tour n’a pas été vraiment appréciée bien qu’elle fût assez convaincante pour un public loin d’être négligeable.

Tout se passe comme si Marine Le Pen se laissait porter par les événements. Et elle a raison. L’ensemble des média et des sondeurs lui fiche une paix royale. Elle est créditée de 24 à 27% d’intention de vote dans les sondages. Ils sont surfaits, c’est sûr, mais c’est évidemment utile qu’ils le soient.

Elle se révèle être la concurrente « indispensable » à affronter au second tour. L’espoir, bien entendu, étant de la battre, le réflexe républicain devant nécessairement jouer… Selon certains ce serait une formalité. Méfions nous de ce genre d’assertion…

L’exécution de François Fillon.

Fillon est sorti de la primaire comme le diable sort de sa boite. Ce fut une surprise pour tout le monde. Vînt alors son programme pour le moins conservateur et assez sévère (trop ?) dit-on, quand d’autres l’estiment pire que celui de Sarkozy, c’est dire !

Mais ce n’est pas le programme de Fillon qui a fait basculer son électorat potentiel dans l’horreur, ce sont les affaires. Et sans se prononcer sur le fond, il faut bien dire que la forme fut autant (bizarrement) opportune que violente.

Qui peut bien en vouloir à Fillon à ce point ? Qui a intérêt de l’écarter de la compétition ?

Les media et les sondeurs ne l’ont pas raté, non plus (et pour cause…) Résultat : chute dans les sondages…et une partie de son électorat qui doute. Fillon est donc en danger.

Emmanuel Macron, l’idiot utile du PS !

Plus personne n’est dupe aujourd’hui : Macron a été mis en selle par Hollande et son entourage.

Hollande et Valls ont été virés comme des malpropres des sommets sondagiers, les reléguant au rôle de soutier. Ils n’allaient pas se présenter pour prendre une veste, fût elle une Louis Vuitton et faire perdre les intérêts européistes et atlantistes qu’ils ont défendus durant tout le long du quinquennat…. Ceux là ont réussi le tour de force de convaincre le ban et l’arrière ban des grands patrons et des banquiers – les mêmes qui détiennent média et instituts de sondage – que le seul candidat à soutenir était leur poulain. Et pour être sûr de l’emporter, ils ont décidé de rassembler sur son nom le centre droit et les libéraux du PS. Belle manœuvre!

Résultat. Macron est second dans tous les sondages, juste derrière Marine Le Pen. Dans ce camp, on se frotte déjà les mains.

Mais temporisons cet enthousiasme un peu puéril et disons la vérité :

D’une part, la campagne de ralliement des élus libéraux de gauche à Macron est un échec. Elle est dévorée par la discorde dans le camp socialiste qui est largement visibilisée. De plus, Macron n’a pas de base électorale et ce n’est pas les quelques élus et ministres qui le soutiennent qui le lui fourniront.

D’autre part, et c’est là l’essentiel de l’aveuglement des promoteurs,  Macron personnifie tout ce qu’exècre aujourd’hui le français de la rue : «  les riches, les banquiers, les énarques, les économistes, l’Europe, l’OTAN, la bourgeoisie, la télé, les journaux, les sondages, le PS, Hollande et Valls, Sarkozy et El Khomry, la disparition des médecins, de la poste, des écoles, des transports dans les zones rurales, les paradis fiscaux, les « Cahuzac » et les affaires financières des élus, etc. »…la liste est longue…

Hormis le « petit peuple » qui regarde Macron comme on regarde le serpent Kaa du livre de la Jungle, ceux qui le soutiennent ne vivent qu’entre eux et s’imaginent que ce qu’ils vivent, c’est la vraie vie. Ils sont convaincus que les français soutiendront Macron massivement.

Et comme ils pensent – sincèrement – que l’électeur est un crétin, ils lui injectent chaque jour une dose de macronite en espérant que la maladie sera contagieuse et surtout qu’elle libérera des parts de cerveaux disponibles pour leur nouveau messie.

Seulement voilà, ces gens là ne retiennent jamais les leçons de l’Histoire tant ils sont aveuglés par leurs intérêts et par leur intelligence dont ils sont persuadés qu’elle n’est pas celle du commun des mortels. Toutes les études faites jusqu’à ce jour nous mettent en garde contre les lectures simplistes selon lesquelles la quantité d’information soumise est le critère décisif pour apprécier l’impact des médias sur un événement. Elles soulignent aussi, par voie de conséquence, que l’effet de la communication politique est toujours aléatoire.

La preuve qu’elle n’est pas aussi efficace qu’on le prétend, c’est la campagne référendaire de 2005 sur le TCE (traité pour une constitution européenne) où l’incroyable et indécent battage médiatique pour le « Oui » avait provoqué l’effet inverse dans la population. Ce n’est pas les mêmes enjeux diront certains grincheux. Si, justement !

Dernière nouvelle : le mardi 28 mars au soir, Valls apporte son soutien à Macron. Bien qu’il ne le rallie pas, c’est, quand même, une mauvaise nouvelle pour lui. Il semble bien que, cette fois, c’est le coup de grâce, tant la politique de Valls a été honnie.

Macron partira-t-il alors en voyage sur l’ile de Guyane à l’issue du premier tour?

Benoît Hamon, trahi par les siens ou victime consentante ?

Voilà un responsable politique qui participe, confiant, à une primaire du Parti Socialiste au terme de laquelle il fût élu pour représenter la « gauche » à l’élection présidentielle. Un mois après,  la moitié des membres de son parti, n’avalise pas le résultat de cette compétition. Et, l’un après l’autre, ils partent soutenir  le candidat d’à côté. Étonnant, non?  C’est l’histoire d’un chef qui part au combat et qui, dans le doute, se retourne et s’aperçoit que la moitié de ses troupes ne sont plus derrière lui pour la bataille. Cela en dit long sur l’honnêteté intellectuelle de ces gens là. Qui pourra leur faire confiance demain? Cela dit, on a bien compris le scénario. C’était joué d’avance. Triste fin pour un parti dont le fondement même était le fait démocratique.

Mais est il si dupe que cela le candidat Hamon ? N’est il pas là pour faire des misères à Jean-Luc Mélenchon ? Si c’est le cas, cela risque de lui coûter cher, car à la vue de sa chute dans les sondages, ses électeurs vont être tentés par un vote utile pour le porte parole de France Insoumise.

Jean-Luc Mélenchon, l’outsider devenu leader…

Ce responsable politique fait l’objet d’un engouement exceptionnel. Si ce n’est pour sa verve, ça l’est aussi pour ses convictions et son érudition. C’est un puits de culture qui laisse sur place n’importe lequel de ses challengers. Il est, pour beaucoup, au-dessus de la mêlée. Ce qui  le rend redoutable.

Chaque fois qu’il apparaît quelque part, les compteurs de vues sautent. Que ce soit à l’occasion d’émissions de télévision, de meetings, ou sur les réseaux sociaux, c’est hallucinant. Le monde médiatique cherche, évidemment, à minimiser les choses, eux qui n’ont d’yeux que pour Macron, mais on constate qu’il fait un « carton » quandil s’exprime quelque part.

Jeunes, vieux, femmes, militaires, enseignants, artisans, chefs d’entreprise, étudiants, chômeurs, religieux ou libre penseurs, policiers ou chercheurs et scientifiques etc., il rassemble sur son nom l’exact contraire sociologique des aficionados de Macron..

Dans l’imaginaire collectif de ses soutiens, Mélenchon n’est pas d’extrême gauche, ni même de gauche d’ailleurs. Pour eux, il est situé au-dessus des partis. Il n’est pas rare, dans ses discours, qu’il prenne un ton gaullien surtout quand il s’agit d’évoquer l’indépendance de la France. Et il conclut systématiquement par une Marseillaise – impossible dans un meeting d’extrême gauche – hymne auquel il a rendu ses « lettres de noblesse », celles de 1789, et cela plait. Beaucoup. Dans ces rassemblements, on agite des drapeaux tricolores comme si les gens voulaient se réapproprier les symboles de la République. D’ailleurs Mélenchon est républicain. Il n’y a aucun doute là dessus. Et, évidemment, c’est l’Internationale qu’on chante parfois…pas celle de la révolution soviétique, hein! celle de la Commune de Paris ! Est il nationaliste ? Non ! Patriote ! répond-il avec conviction. Et force est de constater que « France Insoumise » dépasse le clivage politique traditionnel. On y trouve de tout, des gaullistes historiques aux communistes post staliniens. En observant la sociologie du mouvement, on peut dire qu’il est à l’image de la France d’aujourd’hui, celle d’en bas et du milieu, celle des « sans dents » et des gens ordinaires.

« Dans une enquête parue le 25 mars, l’institut l’institut BVA (voir en infra) accordait à Mélenchon un « potentiel haut », c’est-à-dire d’un électorat capable de voter pour lui en second choix, à 20%. Soit le niveau du « potentiel bas » de Marine Le Pen… Le député européen peut donc être rapidement confronté à un plafond, même si sa capacité à mobiliser des électeurs aujourd’hui tentés par l’abstention sera aussi déterminante. Pour l’heure, le niveau de participation mesuré par les instituts dans cette campagne reste particulièrement stable ».

Pour ceux qui en doute, il suffit de faire un tour sur les réseaux sociaux ou d’aller voir dans ses meetings pour se rendre compte de l’extraordinaire popularité de cet homme et surtout de celle du programme de « France Insoumise », son mouvement. Il est vrai qu’il promet l’avènement d’une 6ème République, ce qui séduit de plus en plus, tant les gens n’en peuvent plus de ce climat délétère.

Mélenchon, dont l’ « issue ownership » reste celui de remettre l’être humain (et non pas l’argent) au centre de l’Humanité, apparaît comme une fenêtre ouverte sur un printemps… un printemps français, celui là ! Cela se traduira-t-il dans les urnes ? Oui ! Sans aucun doute, De là à ce qu’il soit présent au second tour face à Le Pen, il n’y a qu’un pas !

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